Les incendies avec des foyers actifs vus depuis l’espace, regroupés selon des règles fixes et croisés avec le réseau Natura 2000 et avec les surfaces brûlées que cartographie EFFIS. Sans attendre la statistique officielle, et sans la remplacer : un foyer est un pixel chaud, pas un rapport d’intervention.
| Satellites | VIIRS sur S-NPP, NOAA-20 et NOAA-21 (pixel de 375 m) et MODIS sur Terra et Aqua (1 km), via NASA FIRMS |
|---|---|
| Confiance minimale | VIIRS nominale ou haute ; MODIS 30 sur 100 |
| Sources fixes | foyers écartés à moins de 0,5 km d’un point marqué comme source fixe par FIRMS en 2023–2024 |
| Même incendie | pixels à moins de 2 km (davantage pour les grands pixels) et vus à moins de 72 h d’intervalle, en chaîne |
| Foyer isolé | un ou deux foyers, sans contour EFFIS ni Natura 2000 |
| Actif | au moins un foyer ces dernières 24 h |
| Ce qui brûle | CORINE Land Cover 2018 dans jusqu’à 30 cellules avec foyers ; végétation naturelle si forêt, landes, mosaïque agroforestière et roches font la moitié |
| Contour EFFIS | surface brûlée qui touche l’empreinte (avec 1 km de marge) et a commencé entre 3 jours avant le premier foyer et 3 jours après le dernier |
| Périmètre estimé | à partir de 3 pixels VIIRS : chaque pixel est un disque de 0,5 fois le demi-pixel de rayon ; après chaque passage il s’ajoute au précédent et les trous de moins de 1,5 km sont fermés, donc il ne rétrécit jamais (comme FEDS, de la NASA) |
| Front actif | bord du périmètre à moins de 300 m d’un pixel du dernier passage |
| Brûlé (Sentinel-2) | dNBR supérieur à 0,15, à 20 m, en taches qui touchent les foyers et à moins de 3 000 m d’eux ; avant, médiane d’au plus 6 scènes des 40 jours précédents ; après, le deuxième NBR le plus bas (le plus bas s’il n’y a qu’une image) du premier foyer à 4 scènes après le dernier |
| Sévérité | dNBR jusqu’à 0,27 faible ; de 0,27 à 0,66 modérée ; au-delà de 0,66 élevée (Key et Benson, simplifié) |
| Fréquence | toutes les heures ; FIRMS publie les foyers environ trois heures après le passage |
| Heures | heure de Paris |
| Communes | commune où tombe le centre des foyers, avec son code INSEE (API Découpage administratif) ; le département et la région entre parenthèses |
Pour voir la méthode sur des incendies qui ont duré plusieurs jours, les plus grands depuis 2022 sont reconstitués passage par passage dans Grands incendies ; par exemple Landiras (Gironde), juillet 2022, Saint-Magne (Gironde), août 2022, Saint-Just-Ibarre (Pyrénées-Atlantiques), février 2023.
EFFIS met plusieurs jours à cartographier et ne dessine presque rien en dessous de 30 hectares. Pour ne pas attendre, la vigie mesure le brûlé avec les images de Sentinel-2, qui passent tous les deux ou trois jours avec des pixels de 20 mètres. Elle compare l’indice de surface brûlée (NBR) avant et après le feu : la végétation brûlée perd de la réflectance dans le proche infrarouge et en gagne dans l’infrarouge à ondes courtes. Seul compte ce qui change près des foyers et en contact avec eux, pour écarter les moissons et les labours des mêmes semaines. Pour qu’une ombre de nuage ou une brume sur une seule image ne passe pas pour de la cendre, un pixel n’est compté comme brûlé que si au moins deux images le voient. Le calcul est refait à chaque nouvelle image, jusqu’à vingt jours après le dernier foyer. Si les nuages couvrent plus de la moitié de la zone, le chiffre est donné comme un minimum (« au moins ») ou n’est pas donné. Si le brûlé n’a été vu que sur une image, ce filtre ne peut pas jouer : la fiche le signale et le chiffre n’est pas définitif avant la suivante. Chaque fiche renvoie aux images d’avant et d’après dans Copernicus Browser, pour que chacun puisse vérifier à l’œil ce que dit l’indice.
Les mêmes règles, appliquées à l’archive de FIRMS de ces deux saisons — celle des grands feux de Gironde et des Landes, puis celle de l’Aude —, ont été comparées à deux références. Les surfaces brûlées d’EFFIS, comme en Espagne : un feu EFFIS compte comme vu si son contour touche l’empreinte des foyers d’un incendie de la vigie aux mêmes dates. Et BDIFF, la base officielle des incendies de forêt en France : elle ne donne pas de contour, donc un feu BDIFF compte comme vu si l’empreinte d’un incendie de la vigie touche sa commune et si la première alerte tombe dans ses dates. Le retard se mesure depuis l’heure de cette première alerte.
Face à EFFIS :
| Année | Taille selon EFFIS | Détectés | |
|---|---|---|---|
| 2022 | 30–100 ha | 187 sur 206 | 91 % |
| 2022 | 100–500 ha | 66 sur 69 | 96 % |
| 2022 | ≥ 500 ha | 15 sur 15 | 100 % |
| 2025 | 30–100 ha | 170 sur 186 | 91 % |
| 2025 | 100–500 ha | 58 sur 64 | 91 % |
| 2025 | ≥ 500 ha | 5 sur 5 | 100 % |
Face à BDIFF, avec le retard médian de la vigie sur la première alerte (négatif : le satellite l’a vu avant l’alerte, à l’heure près du passage) :
| Année | Surface parcourue selon BDIFF | Détectés | Retard médian | |
|---|---|---|---|---|
| 2022 | 30–100 ha | 60 sur 88 | 68 % | +0,6 h |
| 2022 | 100–500 ha | 28 sur 32 | 88 % | +1,1 h |
| 2022 | ≥ 500 ha | 14 sur 15 | 93 % | +3,5 h |
| 2025 | 30–100 ha | 34 sur 45 | 76 % | +0,2 h |
| 2025 | 100–500 ha | 13 sur 16 | 81 % | +0,6 h |
| 2025 | ≥ 500 ha | 3 sur 3 | 100 % | +0,4 h |
Les feux de 1 000 ha ou plus selon BDIFF, un par un :
| Commune (département) | Année | Surface BDIFF | Vu | Retard |
|---|---|---|---|---|
| Landiras (33) | 2022 | 12 552 ha | oui | +6,6 h |
| Landiras (33) | 2022 | 6 743 ha | non | — |
| La Teste-de-Buch (33) | 2022 | 5 709 ha | oui | +8,5 h |
| Saumos (33) | 2022 | 3 248 ha | oui | +21,5 h |
| Aiguines (83) | 2022 | 2 500 ha | oui | +3,8 h |
| Brasparts (29) | 2022 | 1 917 ha | oui | −151,9 h |
| Graveson (13) | 2022 | 1 452 ha | oui | +6,6 h |
| Baugé-en-Anjou (49) | 2022 | 1 450 ha | oui | +0,2 h |
| Massegros Causses Gorges (48) | 2022 | 1 207 ha | oui | +6,4 h |
| Lussas (07) | 2022 | 1 120 ha | oui | +3,1 h |
| Ribaute (11) | 2025 | 11 133 ha | oui | +5,5 h |
| Narbonne (11) | 2025 | 1 551 ha | oui | +0,4 h |
La reprise de Landiras d'août (6 743 ha) n'est pas un oubli de la veille : elle l'a suivie comme un seul feu de 1 742 foyers du 9 au 13 août, mais à une quinzaine de kilomètres de la commune de Landiras, à laquelle BDIFF rattache le feu. Sans contour, le croisement par commune ne peut pas les relier.
Ceux qui échappent sont surtout des feux courts qui brûlent entre deux passages ou sous les nuages ; face à BDIFF s’y ajoutent les feux dont la surface n’est qu’estimée. Détail en docs/validation_fr.md.
Échantillon de 59 feux de 2022 et 2025 avec contour EFFIS. La concordance est la surface commune divisée par la réunion des deux (1 s’ils sont identiques) ; au-dessus de 0,5 les deux contours racontent la même histoire.
| Taille selon EFFIS | Feux | Concordance médiane | Concordance ≥ 0,5 | Surface face à EFFIS |
|---|---|---|---|---|
| Tous | 59 | 0,54 | 54 % | 0,95 |
| 30–100 ha | 20 | 0,58 | 55 % | 1,02 |
| 100–500 ha | 20 | 0,53 | 55 % | 0,97 |
| ≥ 500 ha | 19 | 0,55 | 53 % | 0,84 |
L’étendue des pixels avec des foyers n’est pas la surface brûlée. Pour les petits feux elle l’exagère, car un feu d’un hectare allume un pixel de quatorze ; pour les grands, elle peut rester en deçà. La surface Sentinel-2 est une estimation propre, comparée à EFFIS plus bas. Comme chiffre officiel, celui d’EFFIS ou celui de BDIFF.
« Actif » veut dire que le satellite a vu de la chaleur ces dernières 24 heures, pas que le feu n’est pas maîtrisé. À l’inverse, un incendie peut continuer de brûler sans foyers si la fumée ou les nuages le cachent, ou s’il brûle sous les arbres. Les foyers isolés, un ou deux sans autre signe, sont souvent des brûlages agricoles ou d’écobuage. C’est pourquoi ils ne sont montrés que sur demande.
Les foyers, Sentinel-2, CORINE Land Cover, Natura 2000 et EFFIS sont les mêmes sources européennes et américaines qu’en Espagne. La France y ajoute trois sources nationales :
Les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) et les autres territoires ne sont pas couverts : la vigie suit l’Europe, où Natura 2000, CORINE et EFFIS sont homogènes. BDIFF ne sert pas en temps réel : elle se complète une fois par an, et la saison passée n’y entre qu’au printemps suivant. Une partie de ses surfaces sont estimées et non mesurées, et elle situe chaque feu par sa commune, pas par un contour : c’est une référence pour valider, pas pour mesurer.
La vigie n’intègre aucune donnée de suivi d’espèces (colonies, nids, dortoirs ou territoires). Ces informations appartiennent aux organismes qui les produisent : elles ne sont pas publiées ici, pas conservées dans le dépôt et pas utilisées dans les calculs. La position précise d’une colonie près d’un incendie peut mettre l’espèce en danger.
incendios.geojson avec tous les incendies et leurs croisements · quemado.geojson avec le brûlé selon Sentinel-2 · flux Atom des incendies de la dernière semaine · foyers par an en CSV dans le dépôt · code. Les champs des fichiers gardent leurs noms en espagnol, communs aux deux pays.