Comment c’est calculé

  1. Zone. La zone surveillée réunit les 51 sites Natura 2000 qui touchent les Pyrénées-Atlantiques, ZSC et ZPS ensemble, découpés à la limite du département : 231 542 hectares sur une grille fixe de 10 mètres.
  2. Composite mensuel. Chaque jour, le mois en cours est recalculé avec tous les passages de Sentinel-2. Pour chaque pixel on garde le NDVI le plus élevé du mois, c’est-à-dire son moment le plus vert. Les nuages font baisser le NDVI : le maximum les ignore. Une prairie fauchée repousse en quelques semaines : le maximum de plusieurs mois la voit toujours verte. Seul un sol qui a perdu sa végétation pendant toute la fenêtre a un maximum bas.
  3. Détection. La fenêtre actuelle est comparée à la même période des années précédentes. Un pixel change s’il était en végétation dense toutes ces années et ne l’est plus, même à son meilleur moment. Les pixels voisins forment un polygone, qui doit dépasser l’unité minimale.
  4. Photos et type. Pour chaque nouvelle alerte, on cherche la scène dégagée la plus verte d’avant et la plus verte d’après, ce que compare le détecteur, et on publie les deux. Leurs bandes décident du type : eau, brûlis, sol nu, surface sombre ou simple perte de végétation. Ce sont des règles à seuils publiés dans la littérature. Aucun modèle entraîné n’intervient, et chaque alerte peut être refaite à la main à partir des images.
  5. Parcelles. Chaque alerte est superposée au plan cadastral informatisé (PCI vectoriel de la DGFiP, publié par Etalab, édition du 1 septembre 2026) pour savoir quelles parcelles elle touche. Le cadastre ouvert ne contient aucun propriétaire.
  6. Usage agricole déclaré. L’alerte est superposée au Registre parcellaire graphique (RPG) de la dernière campagne PAC déclarée avant le changement. Si plus de la moitié de l’alerte tombe dans des parcelles déclarées, le changement est agricole : « terre en rotation » quand la culture principale est une terre arable ou une prairie temporaire, ce qui peut être un labour normal ; « sur prairie permanente déclarée » quand c’est une prairie permanente ou une estive. Son retournement dans les sites Natura 2000 est encadré par la PAC (BCAE 9), mais une perte de végétation sur une prairie permanente peut aussi être un dessèchement d’été ou un écobuage : l’alerte ne dit pas lequel, les images avant et après aident à trancher, et un dessèchement redevient vert à l’automne et l’alerte est alors écartée ou résorbée.
  7. Croisement avec les autorisations d’urbanisme. Sitadel, le fichier des autorisations d’urbanisme du ministère (SDES), donne pour chaque permis de construire, déclaration préalable, permis d’aménager ou de démolir jusqu’à trois parcelles cadastrales. L’alerte a une autorisation connue si l’une d’elles est une de ses parcelles et qu’elle date des trois ans précédant la fenêtre ou d’après. Le fichier gardé couvre depuis le 2 janvier 2018.

« Sans autorisation connue » veut dire qu’aucune autorisation d’urbanisme de Sitadel ne cite ses parcelles, pas que les travaux sont illégaux : beaucoup de travaux en zone naturelle ne relèvent pas de l’urbanisme (voir plus bas), Sitadel ne donne que trois parcelles par autorisation et presque jamais le préfixe de section. Le nombre d’autres autorisations dans la même commune sur la période est indiqué dans chaque alerte.

Équivalences avec l’Espagne

Expedientes publiés au BOE et au BOCAutorisations d’urbanisme de Sitadel, par parcelle
Catastro (Sede Electrónica)Cadastre Etalab (PCI vectoriel)
Autorisations forestalesAutorisations de défrichement : sans équivalent, aucun fichier ouvert par parcelle
Évaluation des effets sur Natura 2000Évaluations des incidences Natura 2000 : sans équivalent, les décisions ne sont pas publiées en données ouvertes
Planes de gestión forestalPlans simples de gestion : sans équivalent, non publiés
Evaluación de impacto ambientalProjets soumis à étude d’impact (projets-environnement) : sans équivalent exploitable, seule une archive de 2021 existe, sans API
—Usage agricole déclaré (RPG) : propre à la France

Ce qui reste hors champ, et pourquoi

Les installations classées (ICPE, Géorisques) ne sont pas croisées : le fichier donne la raison sociale de l’exploitant, qui peut être le nom d’une personne, et ce site ne publie jamais de nom de personne physique. Les données de Sitadel sont lues sans le demandeur : ni nom ou raison sociale, ni SIREN ou SIRET, ni adresse. Seuls le numéro de l’autorisation, son type, sa date, son état et ses parcelles sont gardés.

États

Les alertes marquées « détectable depuis » sont issues de la reconstruction des fenêtres antérieures à la mise en service, avec la date à laquelle elles auraient été vues.

Provisoire : vue une fois. Confirmée : toujours là dans la fenêtre d’un mois suivant. Écartée : la végétation est revenue avant confirmation, elle n’a plus été revue, ou c’était la rive d’une retenue ou de l’eau nouvelle sur ce qui était déjà de l’eau (variations de niveau). Résorbée : la végétation est revenue ensuite. Fusionnée : c’était un morceau d’une autre alerte ; son lien mène à l’alerte qui l’a absorbée.

Validation

En attente : pas encore confrontée à une autre source. Chaque alerte publie les deux images que compare le détecteur, pour qu’on puisse vérifier à l’œil nu.

Limites

Rien de plus petit que l’unité minimale : une maison isolée, une piste étroite ou une clôture. Rien sous un couvert arboré qu’on n’enlève pas, ni dans des zones qui n’étaient pas en végétation dense (rochers, sables, plans d’eau), ni sur les rives que l’eau couvre et découvre, ni pendant les mois de neige, d’ombre hivernale ou de nuage persistant, qui restent non évalués. Le RPG ne couvre que les exploitants qui demandent des aides PAC. Dans les estives et les communaux de montagne, une seule parcelle peut faire des centaines d’hectares : tomber dans la même parcelle qu’une autorisation ne prouve pas qu’il s’agit des mêmes travaux.

Paramètres

SatelliteSentinel-2 L2A (Copernicus), servi par Earth Search sur AWS
Résolution10 m par pixel, grille fixe en WGS84 / UTM 30N
Pixels validesclasses 4 à 7 de la couche SCL de Sen2Cor : végétation, sol, eau et non classé
Neigeexclue si NDSI > 0,4, proche infrarouge > 0,11 et vert > 0,10 (SNOMAP, Hall et al. 1995)
Ombreexclue si le proche infrarouge est < 0,04, sauf l’eau
Rives de retenues et maraisnon évaluées là où il y a eu de l’eau un mois entier dans les 24 mois précédents
Composite mensuelNDVI maximal de chaque pixel dans le mois
Fenêtre3 mois, comparée à la même fenêtre des 2 années précédentes
Végétation de référenceNDVI maximal ≥ 0,60 toutes les années de référence
ChangementNDVI maximal actuel ≤ 0,35 et baisse ≥ 0,30
Observations minimales3 valides par pixel dans chaque fenêtre
Unité minimale20 pixels contigus (0,2 ha)
Retour de la végétationNDVI maximal moyen ≥ 0,50 dans le polygone
Usage agricoleplus de la moitié de l’alerte dans des parcelles du RPG de la dernière campagne avant le changement
Autorisation connueune parcelle citée par Sitadel, autorisée au plus 36 mois avant la fenêtre, non annulée

Données ouvertes

alertas.geojson avec toutes les alertes et leur historique · flux Atom des alertes actives · autorisations d’urbanisme utilisées pour le croisement, sans demandeur · composites mensuels en GeoTIFF dans les releases du dépôt · code.

Sources

Images : Copernicus Sentinel-2 via Earth Search · Sites Natura 2000 et CORINE Land Cover : Agence européenne pour l’environnement · Communes : API Découpage administratif · Parcelles : cadastre Etalab (PCI vectoriel, DGFiP) · Usage agricole : Registre parcellaire graphique (ASP, IGN) · Autorisations : Sitadel (SDES) · Orthophotos : IGN.